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Face à Médée
François Cervantes
Jusque-là, il n’y avait rien à raconter sur nous, nous étions sortis de l’histoire
L’exil était notre pays
C’était un beau pays, car tu étais avec moi
La terre est une demeure étrangère, c’est la découverte des amants
Moi, je ne peux plus quitter cet amour, je resterai dans le feu
Je n’ai nulle part où aller
On ne peut pas aimer, et puis ne plus aimer, je ne peux pas comprendre ça
Je ne voulais pas que ta fidélité, je voulais ton éternité, je voulais que tu te convertisses à l’amour, et que tu sois fidèle à l’amour
Tu imagines la fidélité des vagues pour la mer, de la rouille pour le fer, des flammes pour le feu ?

La création du spectacle Face à Médée, avec mise en scène de l’auteur, s’est déroulée les 19 et 20 janvier 2017 au Merlan, scène nationale de Marseille
Éditions Les Solitaires Intempestifs [mai 2017]
12 euros
 
Voisin
François Cervantes
Ce quartier dérive comme un morceau de banquise. Les gens perdent la mémoire. Dans toutes les histoires, il y a une forêt, un puits, un champ, une nuit, vous comprenez ? Il y a autre chose que du béton et du fric ! quand on a perdu la forêt, la nuit, les histoires flottent dans la mémoire comme de vieilles souches [extrait]

En 2002, le Théâtre de l’Espace confie à François Cervantes l’écriture d’une fiction à partir de témoignages d’habitants du quartier Planoise à Besançon : un quartier de 20 000 habitants, sorti de terre dans les années soixante.

Je me demandais comment « déplacer » ces paroles vers un texte de théâtre sans les dénaturer, ce qui n’était pas loin de se demander comment ces personnes qui avaient eu envie de témoigner pouvaient franchir la porte d’un théâtre ; quel chemin devions-nous faire, eux et nous gens de théâtre. Le théâtre c’est à la fois un bâtiment construit dans une ville, mais c’est aussi un espace mental, espace de jeu et d’accueil des autres, autres corps et autres pensées [extrait]
Éditions Les Solitaires Intempestifs [mars 2006]
10 euros
 
Terre étrangère
François Cervantes
La terre n’est pas un jardin des délices,
c’est un tableau que je regarde,
une terre étrangère et lointaine [extrait]
Éditions Parole d’Aube [septembre 1998]
Epuisé
 
On a marché sur la terre
François Cervantes

Ils ont quitté leurs attaches, marchent au hasard sur les routes. Ils traversent des paysages et des étendues intérieurs.
Ce texte est né sur la route de Dehli à Chandigarh.

Tonio : Qu’est-ce que tu regardes, Joseph ?
Joseph : L’écorce des pins.
Tonio : Et les nuages, tu les vois ?
Joseph : …
Tonio : Tu penses au retour ?
Joseph : Tout me revient.
Tonio : On est sûrement mieux attaché qu’on ne pense.
Joseph : Je ne vois pas où on va !
Tonio : « Je ne vois pas où on va ». C’est une phrase que tu disais déjà avant de sortir du ventre de ta mère [extrait]

Éditions Lansman [1992]
8 euros
 
Oui, mais il y a la mer
François Cervantes
Pendant quelques heures, quelques années, ce sont des larmes, des fontaines, de la sueur d’homme, de la pluie, des ruisseaux, de la buée sur les vitres… Et puis, toute cette eau, c’est à nouveau la mer.
La mer… toutes ces larmes à l’état sauvage [extrait]
Éditions Lansman [1992]
8 euros
 
Dialogues d’esclaves
François Cervantes
Berger : Que se passe-t-il, ici ?
Pacôme : Un enterrement
Pofa : Il faut décider cette nuit, alors ! J’ai allumé quelques cierges… pour n’alerter personne au-dehors.
Grazielle : Une nuit pour choisir…
Pofa : Même un an serait trop court [extrait]
Éditions Lansman [1992]
8 euros
 
Le dernier quatuor d’un homme sourd
François Cervantes et Francine Ruel
Pourquoi un quatuor ? Parce que c’est la formation la plus simple, celle où le visible est pire, ou le déguisement est impossible, où ne sort que ce qui déborde et non ce que l’on veut montrer. C’est une formation où une faiblesse est la première chose audible, donc une formation très humaine. Enfin une formation qui demande à chaque musicien de travailler ses faiblesses avant que ses forces ne deviennent des faiblesses, une formation qui réclame l’équilibre à quatre. Entre deux et beaucoup, il y a quatre. Le quatuor pose la question : est-il possible de s’assembler sans se perdre ? Est-il possible d’avoir un seul battement avec quatre cœurs, un seul souffle avec quatre respirations ?
Éditions Leméac [1989]
10 euros